Faustine Hamoum

Déconstruction

deconstruction1 deconstruction2 deconstruction3 deconstruction4 deconstruction5 deconstruction6 deconstruction7 deconstruction8 deconstruction9 deconstruction10

D'Après Edgar Morin « une société s'autodétruit sans cesse car elle s'autoproduit sans cesse ».
L'architecture de nos villes évolue constamment, elle est le symbole de notre civilisation et occupe une grande partie dans notre société. On commence à détruire les logements sociaux de la reconstruction pour les rédétruire et les reconstruire à l'infini. La construction perdure dans l'histoire et appartient à notre imaginaire voire fait partie de notre mémoire collective. D'après Franck Gehry « d'excellentes structures sont rasées et de mauvais restent debout ».

Déconstruction

Défaire par l'analyse un système construit, élaboré. Mon intérêt est la forme brute de ces compositions, quelles soient sophistiquées ou endommagées dans le but de parvenir à une image presque abstraite. La vue se brouille face à ces accumulations d'assemblage et désassemblage. Les formes étranges que prennent les immeubles détruits, que de telles masses de béton puissent être aussi malléables.
En effet, la déconstruction offre aux publics un spectacle éphémère de courbes et de mouvements qui peuvent se modifier en l'espace d'un instant. Les matériaux deviennent alors malléables comme de la pâte à modeler. Une sculpture naît des décombres tout comme le Phoenix renaît de ses cendres. L'idée du monde en transformation est là, sous nos yeux, des gravats se meuvent entre eux et avec nous, finalement le décor est en perpétuelle mutation.

Dès lors, on peut considérer la déconstruction en tant que sculpture offerte et imprévisible.

Le photomontage comme relique

Introduction de l'homme dans le décor
En effet, dans chaque décor évoluent des acteurs. Des acteurs représentés par des objets ou des personnages insolites symbolisant la construction. La récolte des reliques provient d'albums photos de famille et de livres divers.

Relique : emprunté au latin reliquiae, désignant des restes, des débris, spécialisé en latin ecclésiastique pour désigner les restes du corps d'un martyr, d'un saint.
Valeur figurée, « chose à laquelle on attache moralement le plus grand prix, que l'on garde en souvenir d'un être cher ».

Le photomontage est un assemblage et une combinaison d'éléments expressifs extraits de photographies. Le photomonteur assemble des pièces détachées pour produire un message, une œuvre directement divulgable. L'image ou se trouve confrontés souvenirs d'enfance, récits d'événements réels, rêves et impressions effectivement éprouvées en un photomontage.

Les images du rêve, réalisant le vœu de Lautréamont de créer la beauté par « la rencontre fortuite sur une table de dissection, d'un parapluie et d'une machine à coudre ».

Les reliques représentent l'espoir de construction et les témoins du temps qui passe. Elles s'introduisent ensuite dans le décor chaotique et justifie le rythme cyclique des choses : construction/déconstruction/construction…

Le décor chaotique, sombre, triste et apocalyptique à priori sans charme. Décor réel présentant un chantier volontairement exagéré. On assiste à une hyperbole de gravats, à un vaste enchevêtrement de pierres et d'acier. Des acteurs représentés par des personnages insolites vont démontrer que l'imaginaire du chaos n'est pas une fin en soi. On peut faire d'un photomontage des clichés et des tirages successifs dont la surface lisse gomme le travail coercitif de découpage/collage. Le lissage ou plutôt le rendu photographique est le lien afin de créer un doute sur le réel ou l'irréel. Dans ce décor théâtral évoluent des acteurs porteurs d'espoir et de renouveau. La déconstruction est en projet de construction.

La rencontre d'acteurs insolites embellit la réalité brute du chantier, l'attente d'un bien, d'un futur proche de construction et de renouveau. L'imprévisibilité des mouvements et la mouvance des matériaux sont un ensemble qui permet cet esthétisme.